A.P.E.C.S.

Association loi de 1901 dédiée aux requins et aux raies, poissons cartilagineux anciennement nommés « Sélaciens ». Fondée en 1997, elle mène des programmes scientifiques et éducatifs pour mieux connaître et faire connaître ces espèces souvent menacées, dans une optique de conservation.

Fiche d’identité du requin pèlerin

Le requin pèlerin (Cetorhinus maximus) est le seul représentant de la famille des Cetorhinidae et appartient à l’ordre des Lamniformes. C’est le plus grand poisson du monde après le requin baleine et le plus grand poisson de l’Atlantique nord. Il peut atteindre 12 mètres de long pour un poids d’au moins 4 tonnes !

  • Une espèce cosmopolite

PNGLe requin pèlerin a longtemps été considéré comme une espèce fréquentant uniquement les eaux froides et tempérées des parties nord et sud des Océans Atlantique et Pacifique et de la Méditerranée. L’utilisation depuis le début des années 2000 des balises de suivi par satellite permet de dire aujourd’hui que le requin pèlerin est une espèce cosmopolite !
Certains individus équipés de balises ont en effet gagné des secteurs dans les régions tropicales et équatoriales où la présence de l’espèce n’avait jamais été relevée : Bahamas, mer des Caraïbes, Brésil pour la partie ouest de l’Atlantique, et nord-ouest de l’Afrique en Atlantique Est.

Malgré cette vaste aire de répartition, les rencontres avec ce requin sont rares, sauf dans quelques secteurs côtiers où, pendant une partie de l’année seulement (le printemps et l’été), des effectifs relativement importants peuvent être observés.

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Il s’agit le plus souvent de zones où les requins trouvent, pendant une période plus ou moins longue, des conditions favorables pour s’alimenter, notamment en surface. On peut alors les croiser nageant, seuls, à deux ou en petits groupes. Seuls l’aileron dorsal et l’extrémité de la nageoire dépassent de l’eau, parfois le bout du museau pour les jeunes individus. Exceptionnellement, des groupes comptant plus de cent individus ont été observés.

  • Un drôle de régime alimentaire

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En nageant lentement la gueule ouverte, le requin pèlerin filtre l’eau pour récupérer le zooplancton. Il dispose pour cela d’organes particuliers situés au niveau de l’appareil branchial : les peignes branchiaux. Ces organes s’apparentant aux fanons de baleines et permettent de piéger les petits animaux microscopiques qui composent le zooplancton. On sait désormais que le requin pèlerin ne cherche pas sa nourriture au hasard. Il préfère les eaux très riches en certains crustacés planctoniques : les copépodes. On estime qu’un requin pèlerin filtre toutes les heures l’équivalent d’une piscine olympique, soit 300 000 litres d’eau !

  • Reproduction

Le requin pèlerin est une espèce vivipare qui met au monde des jeunes issus d’œufs qui se sont développés et ont éclos dans l’utérus de la mère. Mais on ignore tout des zones et périodes d’accouplement. On ne sait pas non plus où et quand ont lieu les naissances.

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Des interactions observées entre individus nageant en surface au printemps et en été ont été qualifiés de comportements pré-copulatoires et laissent cependant supposer que les accouplements ont lieu à cette période de l’année.
C’est au moment de ces interactions que plusieurs requins peuvent être vus nageant en file indienne, laissant apparaître au dessus de la surface plusieurs nageoires ondulantes. Ces apparitions ne sont certainement pas étrangères aux récits sur les serpents de mer qui se sont accumulés depuis le Moyen-Age.

  • Du temps où l’on pêchait le requin pèlerin en Bretagne

Le requin pèlerin a été pêché un peu partout dans le monde durant plus de 200 ans. Sa chair était consommée mais c’est surtout pour son énorme foie riche en huile qu’il était recherché. En France, c’est au début des années 1930 que l’espèce a commencé à susciter l’intérêt de la communauté des pêcheurs de la côte sud de la Bretagne. Une pêcherie artisanale a débuté en 1942 pendant la guerre, période durant laquelle toutes les matières premières manquaient. Le requin pèlerin est alors devenu la base de toute une économie de subsistance. L’huile extraite de son foie servait à confectionner des lampes de fortune ou du savon en la mélangeant à de la soude caustique. On l’utilisait également pour la friture malgré la fumée noire qu’elle répandait et son odeur nauséabonde. La chair était parfois consommée et les déchets servaient d’engrais pour les terres agricoles.
Après la guerre, cette pêche est devenue un complément de revenu saisonnier pour les pêcheurs de Bretagne Sud et s’est poursuivie jusqu’au début des années 1960. Les captures servaient alors à alimenter une usine de fabrication de farine de poisson pour l’alimentation animale.

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A cette époque, les requins étaient encore bien présents dans le secteur au point que l’année 1957 marque même le début d’une pêcherie un peu plus industrielle. Deux bateaux concarnois furent armés de canons lance-harpons pour pratiquer la pêche au requin pèlerin. Une centaine de requins pouvaient alors être pêchés par saison. Ces navires auront prolongé l’exploitation commerciale du requin pèlerin dans la région durant une trentaine d’années, le dernier harponnage en Bretagne datant de mai 1990.

  • Une espèce protégée ?

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Le requin pèlerin ne figure pas sur la liste des espèces protégées par la loi française. Il est cependant considéré comme une espèce menacée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) depuis 1996. En Atlantique nord-est, l’espèce est considérée comme « en danger » d’extinction depuis 2000. Il est aussi inscrit sur différentes conventions internationales de protection de la nature. Les facteurs qui ont conduit à ces inscriptions sont notamment le déclin rapide des populations exploitées dans le passé couplé au très lent renouvellement de l’espèce dû à ses caractéristiques biologiques.
Depuis 2006, il est interdit aux navires communautaires et aux navires de pays tiers de pêcher, de conserver à bord, de transborder et de débarquer des requins pèlerins dans toutes les eaux européennes. Ce règlement s’applique aussi hors de ces eaux pour les navires communautaires.

  • Une espèce toujours menacée

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Aujourd’hui, si la pêche ciblée des requins pèlerins est interdite, les captures accidentelles persistent. De nouvelles menaces potentielles voient aussi le jour avec notamment l’intensification du trafic maritime, le dérangement lié au développement d’activités d’écotourisme, la pollution croissante par les micro-plastiques, ou encore les changements climatiques impactant la composition du zooplancton.

A.P.E.C.S. (Association pour l’É}tude et la Conservation des Sélaciens)

13 rue Jean-François Tartu
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Fax. : +(33) 2 98 05 40 38
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L’APECS est une association à but non lucratif loi de 1901.