Projet MUSTELUS


Marquer de nombreuses émissoles tachetées dans différents secteurs des eaux françaises afin d’améliorer les connaissances sur l’écologie de cette espèce
Le projet consiste à marquer (marque conventionnelle) de nombreuses émissoles tachetées dans différents secteurs des eaux françaises. Les marquages sont réalisés par des bénévoles de l’APECS qui prennent part à des campagnes de pêche scientifique de l’IFREMER, mais aussi en autonomie par des pêcheurs de loisir volontaires qui sont formés par l’association.

L’émissole tachetée (Mustelus asterias) est un petit requin vivant près du fond présent en Atlantique Nord-Est et en Méditerranée. Pêchée sur une grande partie de son aire de distribution, on connaît pourtant mal ses déplacements ainsi que la structure et la taille des populations. Aujourd’hui, les évaluations réalisées par les experts du Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM) sont basées sur des indices issus des campagnes de pêche scientifiques. Ces indices montrent une tendance à l’augmentation des effectifs en Manche comme en Atlantique. Cependant, les statistiques de pêche ne sont pas utilisables car l’espèce est souvent confondue avec d’autres requins et elle est donc mal enregistrée. Ainsi, il est compliqué d’évaluer le réel impact de la pêche sur cette espèce qui ne fait l’objet d’aucune réglementation. Selon les critères de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), l’espèce est considérée comme « quasi-menacée » en Europe et à l’échelle mondiale, et « vulnérable » en Méditerranée. Il est donc important de mieux la connaitre et de réfléchir collectivement aux mesures à mettre en place pour la préserver.

Le marquage conventionnel, consistant à poser une marque avec un numéro unique sur l’animal pour pouvoir l’identifier, permet d’obtenir à moindre coût des premières informations sur les déplacements. Or plusieurs études menées ailleurs dans le monde ont montré que certaines espèces de requins peuvent être pêchées durablement grâce à la mise en place de mesures spécifiques basées sur des connaissances du cycle biologique, de la structure de la population et des déplacements.

Dans le golfe de Gascogne, en mer Celtique et en Manche, les marquages sont réalisés par des bénévoles de l’APECS qui prennent part à des campagnes de pêche scientifique de l’IFREMER visant à évaluer les stocks de poissons. Ils ont débuté en 2018 sur la campagne EVHOE qui se déroule dans le golfe de Gascogne et en mer Celtique, et en 2019 sur la campagne CGFS qui a lieu en Manche. Les bénévoles sont formés au marquage et à la manipulation des animaux avant d’embarquer.

En rade de Brest, où des regroupements saisonniers de femelles matures sont observés depuis plusieurs années, l’APECS a décidé de collaborer avec des pêcheurs plaisanciers et des guides de pêche pour marquer un grand nombre de requins. Des tests ont été réalisés en 2021 et 2022. Compte tenu des résultats encourageants, le projet a pris une nouvelle ampleur dans cette zone en 2023. Plusieurs pêcheurs volontaires ont été mobilisés avec pour objectif d’atteindre 2000 individus marqués d’ici 2025. Les volontaires suivent tous une formation au marquage à la fin de laquelle un kit de marquage leur est remis. Cette formation est aussi l’occasion de les sensibiliser et de les former pour bien manipuler les animaux et les relâcher dans de bonnes conditions. Ils deviennent ainsi acteurs de la préservation de l’espèce et leur impact est limité. Afin d’augmenter le nombre d’individus marqués, des sorties dédiées sont également organisées avec un guide de pêche et des bénévoles de l’association. Des pêcheurs plaisanciers ayant entendu parler des actions menées en rade de Brest se sont également portés volontaires en 2023 pour réaliser des marquages dans les côtes d’Armor. Les opérations pourraient donc être amenées à se développer dans d’autres zones côtières.

Comme la qualité et la quantité des résultats dépendent de la récupération des informations sur les émissoles marquées, relâchées puis recapturées, il est essentiel de communiquer largement via divers canaux. Des réunions d’informations auprès des associations de pêcheurs plaisanciers sont donc prévues, tout comme la sensibilisation des pêcheurs professionnels notamment par la diffusion d’affiches aux acteurs de la filière pêche sur les façades Atlantique et Manche. Des actions de communication via les médias classiques et les réseaux sociaux seront également menées. Tous les pêcheurs qui seront amenés à recapturer des poissons marqués et à nous les signaler, qu’ils soient professionnels ou plaisanciers, seront sensibilisés et remerciés individuellement.
En parallèle, des actions de sensibilisation vers le grand public feront découvrir l’espèce et l’importance d’agir pour sa protection. Cela pourra faciliter la mise en place d’éventuelles mesures de gestion.
Un bilan est produit en fin d’année et diffusé à tous les pêcheurs participants ainsi qu’aux partenaires.


Vous êtes pêcheur de loisir ou guide pêche ? Vous souhaitez réaliser du marquage en autonomie sur les émissoles ? Contactez-nous par mail à asso@asso-apecs.org !


L’émissole tachetée (Mustelus asterias) est un petit requin exploité dont on connait mal des déplacements et la biologie


  • Améliorer les connaissances sur les déplacements des émissoles tachetées à l’échelle des eaux d’Atlantique et de Manche (ampleur des déplacements, voies migratoires)
  • Caractériser la fonction que peuvent jouer les zones estuariennes au cours du cycle de vie de l’espèce
  • Amener les pêcheurs de loisir à modifier leur pratique pour permettre une remise à l’eau optimale des émissoles
  • Sensibiliser les usagers de la mer et le grand public à l’importance d’agir pour la conservation de cette espèce

  • Depuis 2018 (campagnes scientifiques)
  • Depuis 2021 (pêcheurs de loisir)